Cette soirée m'aura procuré deux moments droles mais assez consternants... à des degrés différents.
Comme convenu, j'aide Joana pour sa dissertation sur le régime concentrationnaire nazi (et non en Asie hum). Déjà le week end dernier, je l'avais sommé de bien lire les documents afin d'en dégager une bonne problématique et qu'on avance plus vite aujourd'hui. Effectivement, elle a été très efficace pendant la semaine "tsé j'ai lu mais j'ai rien compris tsé, primo levi il s'est suicidé en 1987 alors qu'il est sorti en 1944 tsé, c'est quoi le lien ?"...... Bon, tout est à revoir apparemment...
Nous travaillons au salon, la télé au fond de la salle est allumée, mais à peine audible (pour ma part en tout cas). L'émission diffusée : D&co.
Je tente de lui expliquer le processus de la "solution finale" // elle remet ses boucles et sa mèche en place.
Je lui lis un passage du texte // elle parle au chat.
Je lui demande si elle m'écoute // elle applaudit Valérie Damidot qui a réussi à transformer l'appartement de Béa...
Je lui fais ainsi comprendre qu'elle me fait ch*** // elle rigole "ah ben super, on le fait pas, ça m'arrange!"
Sauf que moi j'ai pas envie qu'elle ait zéro, donc je la booste. "Bon j'ai dégagé cette problématique, tu comprends ?". "oui, ok l'univers concentrationnaire, mais tsé voilà quoi c'est cool... je vais pas recopier les textes !!!!".
Entre épuisement et consternation, j'ai donc continué seule tandis qu'elle parlait au chat....
André vient ensuite me rendre visite. Il me raconte alors la vie madrilène en compagnie de ses colocs.
Ils sont 4. Deux d'entre eux sont un peu illuminés. Exemple : André leur demande "bon, vous savez faire le ménage ?" (effectivement, si André ne le fait pas, ça ne les dérange pas de rester avachis sur les boîtes de pizza) "Ben euh... je sais pas si je sais faire le ménage euh.... j'ai fait une fois la poussière mais c'était pas trop ça !"...
André est donc assez proche de l'autre coloc, appelons le Henri. Henri lui a raconté qu'il y a une semaine, sa mère a été victime d'une rupture d'anévrisme... Il a ainsi dit à André qu'il rentrait chez lui ce week end pour être auprès d'elle après l'opération.
André compréhensif et surtout inquiet décide de prendre des nouvelles aujourd'hui. Il compose le numéro d'Henri.
AH... quelqu'un décroche.
"Allo Henri ? ça va ?
Non Henri n'est pas là pour le moment. Je lui laisse un message ?
Non non c'était juste pour avoir des nouvelles de sa mère.
Mais... je suis sa mère !
...
Je suis la maman d'Henri.
Ah... euh... vous allez bien ?
Oui. Vous êtes ?
André, son colocataire. Vous êtes sortie ?
Non je ne suis pas sortie de la maison aujourd'hui.
...
...
D'accord très bien, merci et au revoir.
Oui oui au revoir"
André me raconte tout ceci, une seule pensée me vietn à l'esprit : mais il est psychopathe ? schyzo ? Effrayant dans tous les cas. Cela me rappelle une histoire vraie, celle de Jean Claude Romand (scénario repris dans "l'adversaire" de Nicole Garcia), il se prétendait médecin à l'OMS et a menti à tout son entourage pendant près de 20 ans. La fin, tragique n'a pas sa place ici...
Bref, André me dit "soit il m'a vraiment menti et là je remets tout en cause; soit lorsque j'ai appelé, elle était vraiment à l'hopital et Henri avait laissé son portable là bas et elle a décroché"...
Je lui dis que je pense juste que c'est un mythomane en puissance, de faire attention. Surtout que le thème du mensonge est loin d'être futile ou drole... Il me dit "en plus, sa mère est médecin, ils lui ont caché le verdict pour ne pas qu'elle s'inquiète". Oui bien sur, elle est médecin et elle n'a pas compris ce qui lui est arrivé...
une affaire à dormir debout. Pire que Cluedo ou les mystères de Pékin, voici "Henri le mytho...." A vous de jouer !