En 3 syllabes... cinéma ? politique ?
En ce dimanche d'automne (vous êtes surs que ce n'est pas l'hiver, mes orteils ne répondent plus ! Mayday Mayday Mayday), j'accepte la proposition d'Emilie : RDV pris à 15H30 devant le cinéma. Le temps de me préparer bien chaudement (vous êtes surs que ce n'est pas l'hiver, blablabla), je m'avance d'un pas ferme et décidé vers le tramway. Le panneau me répond d'un ton ferme et sec : « prochain tramway dans 19 minutes ! »... Non mais ! J'accuuuuse ! Mes stalactites et moi n'allons pas attendre ici même. Tant pis, nous irons à pieds ! Ca nous réchauffera (oui maman m'a dit, il faut toujours trouver un point positif... même quand t'as un PV, il faut que tu te forces à voir ça de manière positive).
Donc je commence à marcher, en évitant les déjections canines et les projectiles pluvieux... Pendant que je m'efforce d'avancer, Emilie tente de me joindre : il est 15H30, le film commence dans 10 minutes et c'est un cinéma art et essai, ils n'acceptent pas les retardataires (et ils ont raison ! sauf quand c'est moi... snif). Je lui dis d'acheter sa place et de s'installer, « j'arrive ». Hum, force est de constater que par temps de pluie, beaucoup ont eu la même idée que nous et je me retrouve à la fin de la file d'attente... dehors ! Le temps de remonter toute la file, le monsieur juste devant moi achète la dernière place. Le mec au guichet crie « plus de place pour this is england ! »... Et Emilie qui est dans la salle... Et moi qui fait la queue... Je me retourne et demande à la dame ce qu'elle vient voir au cinéma : « dans la vallée d'Elah ». Oui j'ai lu le synopsis, ça m'a l'air bien, je me re-retourne et demande une place pour ce film.
2 heures de bonheur, de compassion pour ce père qui recherche son fils sans relâche, persuadé qu'il est en vie. J'ai même pleuré alors qu'il en faut beaucoup.
Le patriotisme américain est visé mais également la ferveur du peuple à vouloir son pays supérieur... et la désillusion.
Un film qui ressasse également quelque chose qui m'a toujours surprise : le drapeau américain qui flotte sur toutes les maisons. Chez moi, on voit pas ça ! Bon évidemment, c'est le pays basque et on tient à rester en vie ; mais ce que je veux dire c'est qu'en France, il n'y a pas cet amour pour la patrie, ces louanges sans limite pour l'Etat.
Je rebondis ainsi sur une journée : le 21 avril 2002. La France entière a les yeux rivés sur son petit écran. Ecran qui s'avère tout à coup minable, sordide, annonciateur d'une nouvelle effroyable : le front national s'invite au second tour. L'horreur et la stupéfaction qu'a créé l'annonce de ce résultat électoral est palpable dans tous les foyers. Mais il faut immédiatement se rendre à l'évidence : une partie du peuple a espéré ce résultat. J'étais mineure à l'époque et je me revois devant la télé, pleurant et sommant ma mère de voter notre Chichi national. Oui j'étais bien jeune à l'époque et cela m'a révolté qu'une partie de la jeunesse française ne se soit pas sentie concernée et ne se soit pas rendue aux votes du premier tour. Je pense que ma vision de la France, de son avenir a changé ce jour là.
Depuis, nous avons échappé au pire, au sens propre du terme. Mais partout autour de nous se développe l'extrémisme, la volonté de faire passer ses idées en force, ou par le karcher. Je suis effarée de voir ce que nous devenons. La faculté est un exemple criant de vérité : une minorité d'étudiants nous empêche physiquement de nous rendre en cours. Ils ont réussi à imposer leur décision puisqu'eux seuls ont en eux cette rage et cette volonté de faire évoluer les éléments de notre vie quotidienne.
En attendant des jours meilleurs, des espoirs nouveaux, je vous propose d'écouter cette chanson, écrite par Damien Saez le soir de la « surprise » Le Pen. "Fils de France" : Un morceau qui me touche énormément. Je me sens concernée par ce qu'il se passe actuellement, mais je me sens surtout dépassée...
Par Emma emmaemoi, Lundi 26 Novembre 2007 à 00:54 GMT+2 dans Emma, émoi hein ? (article, RSS)






