Coucou mes ptits loups, me revoici. Je viens vous narrer mes incroyables aventures stagiesques (pfff l'autre, n'importe quoi, il me souligne "stagiesque!" j'te jure).
Alors, je vais procéder dans l'ordre des choses.
Mercredi 7 mai
"alors Emma je compte sur vous pour être à 09H30 précises sur l'événement", j'avais tellement peur d'être en retard avec la grève des tramways, que je suis arrivée à 09H08 (oui je me souviens de l'heure précise parce que j'attendais au soleil sans ombre et c'est passé très lentement), LUI est arrivé la bouche en coeur à 10h14. Un peu plus et Jojo, le papy de la sécurité devait me faire un bouche à bouche ! La journée s'est plutôt bien déroulée, je me faisais peu à peu à son caractère particulier... "Emma vous êtes brillante, à part au niveau des chaussures, je pense que vous allez avoir mal aux pieds". Non mais oh, tout ça parce que je suis en claquettes ! Je te dis moi qu'avec ta chemise Ingalls t'as l'air c*n ? A un moment je me rends aux toilettes et m'aperçois avec bonheur que c'est payant... T'as pas intérêt à être malade ou sinon faut faire un crédit ! Hum. J'assiste donc à des conférences, réalise des interviews, et vers 19H, je m'interroge : je devais amener la tente ? j'habite ici ? ça n'a pas l'air de LE préoccuper, puisqu'IL part acheter à manger pour l'équipe et ne me propose rien ! Alors mon ventre gargouille et je me contente de sourire, gênée. A 20H10, une fois que j'avais tout terminé, IL m'a laissé partir. Trop aimable.
Jeudi 8 mai
Même topo sur l'horaire, IL est du style à me laisser 10 messages vocaux pour que je sois ponctuelle alors que LUI se pointe avec 30 minutes de retard, mais avec des excuses dont je ne peux pas douter :
- désolée j'ai du aider d'urgence l'armée rouge pour une mission au Zimbabwe, assistée par les casques bleus
- j'ai été témoin d'un viol d'un chimpanzé par une limace, j'ai du aller déposer ma déclaration
- une grue m'est tombée dessus, heureusement je vais bien mais cela m'a mis en retard.
Je dois réaliser une interview d'une personne (oui au début ça devait être d'une plante, heureusement ça a changé), et alors que je pose les questions, quelque chose de très dur pour ma concentration se passe : une dame passe devant nous "saucissons ? petits fours ? jambon?", je souris poliment pour décliner, alors que je n'ai qu'une envie, courir après la dame, arracher tous les plats et m'enfuir avec. Mais ça va, je me retiens en me disant que le midi, je vais manger avec mes parents qui sont eux aussi sur le lieu de l'événement. IL me dit : "soit vous prenez 30 minutes de pause et vous terminez plus tôt, soit 1H30 et vous resterez un peu plus", je prends la deuxième solution ce qui me permet de profiter de ma famille. Malheureusement pour moi, ma mère a son portable éteint, donc j'ai mangé un sandwich à 7€ toute seule, au milieu des ânes du salon de l'agriculture. "Mademoiselle, un tour en poney ?". Euh non merci, j'essaie juste de me cacher derrière la fougère là. Je fais également la connaissance de mes 2 collègues stagiaires, que je nommerai Camarade1 et Camarade2. Camarade1 est une fille et Camarade2 un garçon, fort sympathiques tous les 2. Et mine de rien, ça aide à tenir. Durant toute l'après midi, j'entends une personne d'un stand qui hurle quelque chose. Non pas que je sois sensible au bruit (mouhahahah) mais cela commence tout de même à me déranger, je le fais savoir à mes collègues, qui se fendent alors d'un immense sourire : "il est de chez toi, il hurle Oss*u Iraty". Hum ah ok, bon finalement on s'habitue hein. A 20h, je quitte les lieux, exténuée par ma journée, et par SES remarques, de l'eau dans les yeux et sur les cheveux, il pleut des cordes, j'ouvre le parapluie en me coinçant le doigt dedans. Au même moment, un commerçant m'accoste d'une manière très romantique. "Hé, dis moi tu veux pas qu'on aille boire un verre ? Avec le sourire que t'as tu dois être coquine !". Goujat !!! Hum. J'ai mis 20 bonnes minutes à trouver la sortie de cet immense bâtiment. pfiouuuuuu libertad... jusqu'à demain.
Vendredi 9 mai
Ma mission de la journée était d'interviewer des commerçants de différents stands, les interroger sur le bilan, moral et financier. Hé bien figurez vous que journaliste c'est un dur métier ! Allez y pour leur faire sortir quelques chiffres, mis à part "la concurrence ? on est bien au dessus", on se retient de hurler "mais euuuuuh allez aide moi sinon L'AUTRE va me fouetter". Heureusement, il y en a des sympas, le mec du billard qui me demande si je veux essayer et que devant les badauds, je place même pas une boule dans le trou..., le mec des produits terroirs qui me fait gouter sa confiture pomme-piments, j'ai eu la gorge en feu pendant tout l'après midi et surtout, j'essayais de pas trop parler près du nez des gens. J'imagine déjà : "tu vois la fille là bas qui court partout avec son ordi et qui est toute rouge, elle sent le piment, affreux". Puis une fois que j'ai interrogé tout le monde, je ponds mon article dont je suis assez fière, au moment d'enregistrer, l'écran devient tout blanc. Je l'ai entièrement perdu... Je LE vois alors s'approcher et me proposer de venir manger avec LUI, les larmes aux yeux je lui dis que là j'ai pas le temps mais plus tard pourquoi pas. Un tête à tête ? Jojo, amène une bassine !!! Puis en 5 minutes, IL est revenu 3 fois, furieux, me sommant de venir avec LUI, IL m'a offert une brochette et une aiguillette, je me suis bien gardée de LUI dire que j'avais perdu tout mon article. J'y suis retournée, IL est revenu quand je venais de le terminer, l'a lu et s'est tourné vers moi "euh.... j'aime pas". Vous le savez surement, je suis susceptible, et là, vu mon état de fatigue et de nervosité, cela m'a particulièrement blessée. IL m'a demandé de le refaire dans la soirée. Au moment de partir, je ne trouvais plus mon câble de l'ordinateur, j'ai pris un qui lui ressemblait, j'espère que c'est le bon. Je suis sortie de la pièce.... et j'ai pleuré. J'assume. J'étais vraiment à bout, heureusement je suis tombée sur mes parents qui m'ont remontés le moral.
Le week end s'est merveilleusement bien déroulé. Malgré le semi-remorque de travail qu'IL m'avait confié. Je remercie une personne qui se reconnaîtra et qui m'a fait passer de très beaux moments :)
Lundi 12 mai
Le mati, j'ai du me rererererendre sur les lieux de l'événement pour terminer les interviews. Moi qui suis moins "bonne" à l'oral qu'à l'écrit, j'ai trouvé dans ce stage le meilleur moyen de m'exercer, et c'est déjà un bon point positif (peut etre le seul, mis à part le fait de me constituer un carnet d'adresses et d'avoir rencontré mes camarades). Ce matin là, j'ai attrapé un horrible coup de soleil grâce à mon haut au col rond, et en marchant, ma sangle de mon ordinateur s'est cassée, le faisant tomber par terre, et m'énervant horriblement. Je suis donc condamnée à me le trimbaler à la main jusqu'à la fin de mes jours. Oui oui, de 1 je garderai cet ordinateur toute ma vie, et de 2, une sangle ne se remplace pas. Ndlr: ces deux dernières lignes faisaient partie du processus "je suis de mauvaise foi et vous en fais profiter". L'après midi, nous devions nous retrouver au bureau, et en fait, jour férié oblige, tout était fermé donc nous avons atterri (tenez vous bien, ça va être du lourd), chez un de SES amis qui tient une boutique de meubles, attablés à 3000€ et mon postérieur installé sur une chaise à 732€, me levant parfois pour que les clients puissent regarder le prix. Je pense que c'est à ce moment là que je me suis dit "il y a moyen que je cours dehors pour évacuer cet horrible fou rire ?". Journée terminée à 17h, avec 4h de boulot par la suite à la maison, plus de charmants messages tels que "Merci de vous connecter en permanence sur Messenger, combien de fois dois je vous répéter les choses Emma ??" ou encore "Camarade1, je suis très mécontent de votre papier, merci de le refaire de suite". Neuneu bonjour, que puis je faire pour vous ?
Mardi 13 mai
Cette journée s'annonçait importante puisque je devais assister à une conférence avec le maire de Bordeaux, non je n'y allais pas avec lui, mais il serait sur place. A la fin de la conf, il y avait un apéritif. De 1, rien de ce qui était proposé ne me plaisait et de 2, personne ne me parlait, alors je suis partie. J'ai ressenti un gros moment de solitude, et j'ai pensé "qu'est ce que je fais là ? est ce que c'est vraiment ma place ?". ce stage correspond également à une remise en question pour moi, savoir si je suis faite pour ce métier... Bref.
L'après midi, j'ai travaillé au bureau jusqu'à 20h, seule avec LUI et ses petits commentaires, sourire narquois en coin "vous me faites confiance quand je vous dis quelque chose ? oui ou non ?". "Euh, comment ça ?" "répondez à ma question, c'est pas possible ça !!!!!". "Ben oui" "Et dans ce cas, pourquoi vous n'intégrez pas la base line comme je vous l'ai demandé ?" "Elle est là". "Ah oui pardon, allez y poursuivez".
En résumé : IL est bizarre, sec et nerveux mais en même temps d'une grande exigence et rigueur qui ne me sont que profitables pour aujourd'hui et mon avenir. Je rencontre beaucoup de monde, j'apprends beaucoup, mais j'ai également TROP de travail et de responsabilités. Stage riche en stress.
A part ça, hier soir, j'ai été prise de panique, en entendant quelqu'un foncer tel un bélier sur ma porte (Bernard serait il venu avec tous ses copains très très costauds pour prendre possession de souris land ?), et surtout des bruits de clé dans MA serrure ! Puis tout à coup, la personne en question a carrément ouvert la porte et s'est retrouvée au milieu de chez moi. Emma : "aaaaaaaaaaaahhh ! qui êtes vous ?" Lui (mon voisin d'en haut qui se bat avec son frère) "ben vous aviez fait tomber vos clés sur le paillasson, alors je vais vous les rendre". La greluche que je suis l'a alors remercié, j'avais envie de lui dire "oui et si j'étais pas là, vous vous seriez fait un thé ?" mais je n'ai pas eu besoin de le faire puisqu'il a ajouté "je me suis permis d'entrer parce que j'entendais du bruit". Oui c'est vrai je riais comme une baleine au téléphone.
J'espère que tout va bien pour vous, j'ai plus trop le temps de passer sur vos bulles ni de donner un coup de fil à mes amis, mais je pense à vous. Mon moral tient bon, je fais de mon mieux pour tout gérer en même temps. Bernard va bien et mon fixe est toujours out. A bientôt :)